Pour sa troisième conférence de presse depuis le début du quinquennat, François Hollande affiche sa détermination à mener une politique économique libérale en présentant un pacte de responsabilité. Après les retraite, la « feuille de route » présidentielle compte s’attaquer à un autre pan de la protection sociale, la branche famille.
Pas une seule mesure de gauche, c’est ce que l’on retiendra des quatre chantiers impulsés par François Hollande, le « président des entreprises », lors de la troisième conférence de presse de son mandat. Le chef de l’État s’inscrit dans la continuité du « choc de compétitivité » et des 20 milliards d’euros offerts aux entreprises. Pour« gagner la bataille pour l’emploi », il faut « ouvrir une nouvelle étape. Il ne s’agit pas de changer de chemin, il s’agit d’aller plus vite, d’aller plus loin, d’accélérer, d’approfondir ». L’enjeu n’est pas seulement que la France retrouve de la croissance mais que celle-ci « soit la plus vigoureuse possible », assure le président de la République.
François Hollande annonce y parvenir en poursuivant une politique de l’offre favorable aux entreprises « sans lesquelles il ne peut y avoir de création d’emplois dans la durée ». Ce leitmotiv entonné depuis le début du quinquennat n’a pourtant pas résolu le problème de l’emploi et des inégalités qui se creusent pour une majorité de Français. Les chiffres parlent d’eux même : 5,5 millions de chômeurs (toutes catégories confondues), près de 10 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 50 % des Français disposant d’un revenu inférieur à 1 630 euros par mois et dont le pouvoir d’achat est en recul depuis deux ans.
Pour « accélérer » cette politique économique, François Hollande a cependant présentéquatre chantiers s’inscrivant dans un « pacte de responsabilité », avec un « principe simple », « alléger les charges des entreprises, de réduire leurs contraintes sur leurs activités et en contrepartie de permettre plus d’embauche ». Ce libéralisme assumé par le chef de l’État repose sur une équation économique affirmée et très improbable :« L’offre crée la demande ».
Les quatre chantiers du pacte

Après la réforme très libérale des retraites, qui met en péril le régime général par répartition dans le cadre de la branche vieillesse de la protection sociale, et avant les négociations qui porteront sur l’avenir de l’assurance chômage dans quelques jours, c’est la branche famille de cette protection sociale qui est en cause dans son financement.



François Hollande voit dans ces chantiers un « grand compromis social, sans doute le plus grand qui ait été proposé depuis des décennies ». Sa méthode est « la négociation », très favorable au Medef puisque les termes de celle-ci abonde dans son sens. Le pacte de responsabilité est ainsi « une chance » pour l’organisation patronale, qu’il faudra saisir, affirme-t-il en rappelant que le gouvernement s’est engagé à réaliser 50 milliards d’euros d’économie, « l’équivalent de 4 % des dépenses collectives ». Pas sûr que le peuple de gauche adhère à ce marché de dupe.
Le calendrier du pacte de responsabilité
François Hollande a fixé la date du 21 janvier pour lancer officiellement, à l’Élysée, le pacte de responsabilité et ses chantiers. Les partenaires sociaux seront reçus dans les jours suivant par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et les ministres concernés. Les assises de la fiscalité des entreprises seront installées par Jean-Marc Ayrault avant la fin du mois de janvier. Le haut conseil du financement de la protection sociale, qui doit réfléchir à l’évolution du mode de financement, devrait rendre un rapport fin février. En avril, le gouvernement lancera un deuxième train de mesures de simplification. La conclusion viendra lors de la conférence sociale du printemps. Un document formalisera les engagements du pacte de responsabilité et les modalités de suivi des contreparties. Enfin, une loi de programmation des finances publiques et sociales sur la période 2015-2017 devrait être votée à l’automne et devrait tenir compte de la remise à plat de la fiscalité des ménages engagée par Jean-Marc Ayrault.
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